L'Europe peut-elle faire face au développement de la révolution scientifique?

L'Europe peut-elle faire face au développement de la révolution scientifique?

L'intelligence artificielle, la grande date, la cybersécurité, etc., les technologies de l'information sont au bord d'une nouvelle révolution qui transformera nos vies en même temps, mais aussi l'économie et probablement de grands équilibres géopolitiques et stratégiques. La Chine et les États-Unis sont au sommet de ces zones et se sont engagés dans une course qui [...]

L'intelligence artificielle, la grande date, la cybersécurité, etc., les technologies de l'information sont au bord d'une nouvelle révolution qui transformera nos vies en même temps, mais aussi l'économie et probablement de grands équilibres géopolitiques et stratégiques.

La Chine et les États-Unis sont au sommet de ces domaines et se sont engagés dans une course qui accélère l'innovation. Dans cette révolution scientifique, quelle est la position de l'Europe? Sera-t-il en mesure de soutenir les entreprises européennes et d'accompagner les changements qui auront des conséquences humaines et sociales?

Une déclaration fait un avis commun: l'Europe tarde à développer ces technologies, en particulier dans le domaine fondamental de l'intelligence artificielle. Lorsque nous comparons les budgets des États pour leurs dépenses dans ce secteur, il y a deux pays : les États-Unis, qui mobilisent 450 milliards de dollars par an pour la recherche et le développement scientifiques, dont “seulement” un milliard destiné à l'intelligence artificielle.

La Chine a lancé en juillet 2017 un plan d'investissement très ambitieux de 22 milliards de dollars par an pour l'intelligence artificielle et, avant 2025, il atteindra 60 milliards de dollars.

Mais ce n'est pas seulement le budget de ces pays. Les entreprises américaines GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) coûtent à elles seules 60 milliards de dollars par an pour la recherche scientifique et l'innovation en intelligence artificielle.

Les entreprises chinoises BATX (Buidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) suivent le même chemin : Alibaba a récemment investi 15 milliards de dollars dans la recherche en intelligence artificielle (IA), tandis que le budget global (l'Institut national de recherche scientifique en informatique et automatique (INRIA), la prestigieuse institution française de recherche scientifique, dépense avec difficulté le montant de 230 millions d'euros consacré à l'intelligence artificielle.

Ce déséquilibre entre les États-Unis et la Chine, d'une part, et les autres pays, d'autre part, expose légalement le problème de la souveraineté technologique des États.

À juste titre, Jean-Gabriel Ganascia, professeur à l'Université de Sorbonne, soulève la question. Qui contrôle les Big Data, l'intelligence artificielle et les technologies de cybersécurité? Les géants technologiques mentionnés ci-dessus sont-ils fortement soutenus par le gouvernement américain, d'une part, et fortement contrôlés par l'État chinois, d'autre part?

Parmi ces deux politiques de développement, l'Europe ne pèse pas lourd. Elle fait face aux deux puissances très interventives de leurs économies respectives, alors que l'Union européenne ne cesse pas de protéger le libre échange et la libre concurrence, dont le respect entrave le développement technologique du vieux continent. En outre, les nouvelles initiatives qui se présentent en Europe ne sont jamais trop fatiguées pour être rachetées par des entreprises américaines. Une trentaine d'entreprises européennes ont été absorbées par l'entreprise américaine Mountain View depuis sa création en 1998. Plus inquiétant encore, la stratégie de ces entreprises a été rachetée par Google, comme le seul moyen pour eux de réaliser des revenus financiers: ainsi la naissance d'une architecture économique et dynamique et de l'aventure en Europe affronte systématiquement la puissance du feu financier des géants de l'Atlantique Nord.

Dans ces conditions, il est difficile que l'Union européenne, à court terme, mette en œuvre une politique économique cohérente et intégrée, telle que la Chine ou à un niveau moindre, que les États-Unis dans le secteur des nouvelles technologies. Comment les États européens peuvent-ils se réunir pour forcer les entreprises étrangères, comme le fait l'État chinois, à collecter les données de leurs clients sur le territoire européen? En fait, ce n'est pas ciblé. Mais cela permettrait de ne pas transférer d'informations personnelles de citoyens d'Europe, de les tenir à l'écart, de les dénoncer et enfin de les utiliser contre des États ou des entreprises européens. Comme le souligne Agata Kazhe, présidente de Compas Labe, les données d'aujourd'hui sont essentielles à la cybersécurité et au développement de l'intelligence artificielle, mais qui sont déjà la défilation des entreprises étrangères, américaines ou chinoises.

Le faible niveau d'intégration des politiques européennes entrave la présentation d'une stratégie efficace et ambitieuse. Et sans crainte, nous devons l'accepter. L'Europe est incapable de rattraper son retard. Mais, comme le souligne Jean-Gabriel Ganascia, cette composition n'est pas nécessairement dramatique. Selon lui, l'intérêt de l'Europe serait mieux d'abandonner les secteurs dans lesquels les Américains et les Chinois ont fait de bons progrès dans de nouveaux domaines. Loik Bardon, cofondateur du think tank Paris Singuarity, rappelle à juste titre que la quatrième révolution scientifique à venir mobilisera d'autres domaines, dont les perspectives pour l'économie européenne aujourd'hui sont incalculables, tels que les nanotechnologies, les biotechnologies, l'informatique, les technologies de la connaissance (NBIC).

Dans ces domaines de recherche, l'Europe vise à avoir un avantage comparable pour faire face aux deux grandes puissances économiques de ce début du XXe siècle. Pour ce faire, il faut investir massivement dans la poursuite de l'éducation et de la formation; lancer une politique industrielle audacieuse, capable de produire des géants technologiques européens et enfin promouvoir un fort désir de nouvelles technologies au service de la société.

Dans ce contexte, les marques d'une solidarité européenne orientée vers un objectif commun sont nécessaires.

Sans cette solidarité, l'Europe sera réduite au rôle du spectateur. /GSH/Albanais: Sali Metan/

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