Interview Ramadan : L'opposition de Kurt n'a pas été de contester les accords, mais de devenir leur exécuteur

Le 27 février, à Bruxelles, le diplomate en chef de l'Union européenne Josep Borrell et l'envoyé spécial de l'UE pour le dialogue Miroslav Lajcak ont invité le Premier ministre du Kosovo Albin Kurti et le président serbe Aleksander Vuciq à la réunion. Le plan franco-allemand (européen) pour progresser dans le processus de normalisation des relations entre [...] devrait être examiné lors de cette réunion.
Le célèbre analyste politique, Shkodran Ramadani, dans une interview pour Périscope, a parlé de la réunion prévue lundi. Il a également commenté l'approche de Kurt à l'égard du plan proposé par l'UE et soutenu par les États-Unis.
Périscope: - Que signifie la reconnaissance par la Serbie, pas par la jure, comme on parle déjà de mettre fin à l'accord selon le plan franco-allemand (européen)? Est-ce un jeu de mots à raisonner ou y a-t-il quelque chose au-delà de ça ?
M. Ramadan : Tout à fait, il y a plus de mots que de bons mots dans le fond de l'ensemble du processus, car la reconnaissance de fait a été réalisée depuis le moment où la Serbie a accepté de négocier avec le Kosovo en accordant de nombreuses institutions et de nombreux documents et accords, comme 2015, par exemple. Le statut de l'Association de la Commission va à la Constitution du Kosovo, le code téléphonique doit appartenir au Kosovo, etc. Pour tout cela, la Serbie a connu quelques années plus tard une situation où elle a reconnu l'existence du Gouvernement du Kosovo.
Vous voyez cela de de juro parce qu'en reconnaissance il y a des notes verbales, où un pays décide de reconnaître, de décider au Parlement, au gouvernement, et il envoie la note verbale que nous avons vu votre pays. On ignore maintenant si la Constitution de la Serbie sera modifiée, où le Kosovo fait partie de la Serbie. Donc, évidemment ce n'est pas un grand pas en ce sens, c'est plutôt une continuation du dialogue actuel.
Périscope: - Jusqu'à présent, il n'existe pas de version officielle du plan européen, bien que différents médias l'aient publié, à partir de ses sources. Kurti dit que l'opposition a ce plan ? Est-ce que cette distransparité ou comment on estime que le gouvernement verra un tel plan?
M. Ramadan : Cette transparence est sans précédent dans l'histoire des gouvernements du Kosovo, qui ont eu des lacunes à cet égard. Aucun gouvernement n'est arrivé à ces mesures de renseignement, où tout a été fait en secret, loin des yeux du public, loin du Parlement du Kosovo, loin des médias et aucun d'entre nous ne sait ce qui est discutu essentiellement ou convenu et donc parvenir à un accord sous cette forme est certainement une très mauvaise chose, parce que si c'était bon, ils le découvriraient par la météo, mais simplement vouloir faire sauter le public au moment où il devient, d'une certaine manière, le trondis.
Périscope: Le Premier ministre Kurti a accepté la création de l'Association sous certaines conditions. Cela vous a-t-il surpris et comment vous voyez ses six conditions ?
M. Ramadan : Je ne vous ai pas surpris du tout, je sais depuis longtemps que Kurt est dans l'opposition. Je m'attendais à ce qu'il accepte tout accord. La raison de toute son opposition n'a pas été l'opposition à l'interdiction, mais simplement de devenir leurs signataires et les exécutants. À cet égard, je ne suis pas du tout surpris.
Quant aux six conditions qu'il a présentées, il y a six conditions ridicules. C'est drôle parce que ce ne sont pas ses conditions qu'il a imposées à la Serbie, mais ce sont des réalisations que le Kosovo a déjà fournies il y a des années. La première condition, “l'association doit être dans le cadre de la Constitution”, c'est arrogant parce que le deuxième point de l'accord 2915 est dit que, après la version, le statut va à la Cour constitutionnelle, ce qui signifie que le Kosovo l'a atteint depuis le moment de l'accord.
La deuxième condition qui dit “Association ne sera pas monoethnique”, c'est la Cour constitutionnelle elle-même. Dans sa décision, elle dit qu'elle est en conflit avec l'esprit constitutionnel multiethnique du Kosovo.
Le troisième lorsqu'il dit “n'est remplacé qu'après la reconnaissance”, il fait référence à la reconnaissance de facto, pas de jure, ce que nous avons expliqué précédemment.
Le changement de nom est une condition très dénuée de fondement parce qu'il importe au bout du compte de savoir si ses compétences et sa nature judiciaire constituent un danger pour l'État du Kosovo.
Seule la question du nom et le retrait des lettres de Vuciqi aux pays d'Europe pour la reconnaissance du Kosovo sont à lui. D'autres sont des conditions que le Kosovo a remplies par l'intermédiaire des gouvernements précédents il y a des années.
Périscope: Le Premier ministre Kurti dit que le statut de l'Église orthodoxe serbe est dans le cadre du seul plan de formation, alors qu'il dit que même le statut de l'Église serbe est formel. Comment évaluez-vous ce genre d'oxymoron politique du premier ministre ? Alors, comment se fait-il que quelque chose soit formalisé dans un plan de négociation à Bruxelles, à propos d'une nouvelle formation ?
M. Ramadan : Son approche des Églises orthodoxes au Kosovo doit être traitée en communauté avec d'autres attitudes qu'il a, comme Zajednica, pour l'Union nationale, le népotisme ou tout ce qui a jusqu'à présent violé. La question sera la même. C'est pourquoi je ne suis pas surpris. Nous n'attendrons que quand ils signeront parce qu'ils ne sont pas un homme de parole ou un emploi et il n'y a aucune chance d'attendre autre chose que la normalisation de cette décision.
Périscope: )Vous attendez-vous à ce que l'accord soit signé lundi lors de la réunion entre Kurti et Vuciqi à Bruxelles?
M. Ramadan : Il doit y avoir quelque chose, avec peut-être une signature d'autres étapes, mais je ne suis pas sûr, comme je l'ai déjà dit, il y a une obscurité informative, c'est non transparent comme un processus, et nous ne servons qu'avec des informations de journalistes qui d'une manière ou d'une autre ont accès à ce processus. D'après ce que j'ai entendu, bien sûr quelque chose sera signé.
Interviewé: Enis Rrustemi / Periscopi/












