Sommet UE-Balkan sous l'ombre de Trump

Les Européens tenteront de donner un nouvel élan aux relations avec les Balkans occidentaux lors d'un sommet de jeudi en Bulgarie, qui risque d'être éclipsé par les débats sur les défis diplomatiques du président américain Donald Trump pour l'UE. Rencontre des dirigeants européens avec des homologues de six États, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine [...]
La rencontre des dirigeants européens avec leurs homologues de six États, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et le Kosovo vise à établir des liens étroits avec cette région, où la Russie essaie d'élargir son influence.
Mais, dans un premier temps, les 28 États membres doivent discuter entre eux à Sofia mercredi soir, pour répondre à la réponse des États-Unis suite aux décisions qu'il a prises de se retirer de l'accord nucléaire iranien et de ne pas accorder à l'UE une exemption permanente des droits de douane sur l'acier et l'aluminium.
Les politiques de Donald Trump pour l'accord iranien et le commerce devront faire face à une position européenne commune. Les dirigeants de l'UE se concentreront sur deux questions à Sofia, a annoncé le président du Conseil européen, Donald Tusk, après la décision américaine très conflictuelle concernant l'Iran.
Si la détérioration des relations transatlantiques est inquiétante, leur avenir avec les Balkans incarne également les principaux défis pour le vieux continent.
Les Balkans ont désespérément besoin d'une perspective européenne, sinon nous connaîtrons tous les malheurs que nous avons vécus dans les années 90, sanglants par les guerres dans la région, a averti le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, vendredi.
L'exécutif européen a présenté à la mi-avril la stratégie visant à donner à ces États une perspective d'élargissement fiable, tandis que les négociations d'adhésion n'ont jusqu'ici commencé qu'avec la Serbie en 2014 et le Monténégro en 2012, tandis que Juncker s'exprime fidèlement pour devenir membre de l'Union d'ici 2025.
- Tommy a disparu...
Bruxelles propose déjà que les États membres acceptent le lancement officiel des négociations d'adhésion avec l'Albanie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine pour récompenser leurs progrès dans la lutte contre la criminalité organisée et la corruption.
D'autre part, les positions de la Commission pour la Bosnie-Herzégovine, et en particulier pour le Kosovo, sont moins positives. L'UE est préoccupée par la persistance des blocages dans le processus de normalisation des relations avec la Serbie et le Kosovo.
La question du Kosovo est particulièrement compliquée pour le 28e. Cinq d'entre eux (Spanja, Grèce, Chypre, Slovaquie et Roumanie) ne reconnaissent pas sa déclaration d'indépendance en 2008. D'autre part, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, manquera au sommet de jeudi pour manifester sa position anti-résidente.
D'une manière générale, certains États, dont la France, ne veulent pas accepter très prochainement de nouveaux membres de l'UE des pays des Balkans.
Dans le projet de conclusions du sommet, consulté par l'AFP, les États membres de l'UE expriment leur soutien clair à la perspective européenne des pays des Balkans, mais évitent soigneusement d'utiliser les mots” en tant que membre de” ou”
Le texte souligne la nécessité d'améliorer les liens grâce à des investissements dans les infrastructures de transport, les échanges culturels et éducatifs et de renforcer les liens face à des défis communs tels que la sécurité et la migration.
- Russe agressif...
Les conclusions préparées par les 28 ne mentionnent même pas la question de l'influence russe, si c'est une manière indirecte de travailler avec les États balkaniques contre la mauvaise gestion et d'autres activités hybrides.
Face à la réticence européenne, les dirigeants de la région ont averti que la Russie, comme la Chine et la Turquie, bénéficierait d'une très longue période dans la salle d'attente de l'UE pour mieux ancrer leurs intérêts dans la région.
Les intérêts de longue date” de l'Occident et de la Russie sont menés ici, comme pendant la guerre froide, mais la Russie vise à étendre son influence dans la région d'une manière beaucoup plus agressive, selon Aleksandar Popov, directeur du Centre de régionalisation de la Serbie, une ONG.
La Russie a accru sa présence médiatique dans la région des Balkans ces dernières années, mais son influence n'a pas encore été concrétisée sur le plan politique ou économique.
Les candidats pro-russes n'ont pas réussi à prendre le pouvoir au Monténégro, qui a rejoint l'OTAN l'an dernier malgré l'opposition de Moscou, ainsi qu'en Macédoine, où un nationaliste soutenu par Moscou a perdu l'élection en faveur d'un pro-occidental.
Quant à la Serbie, la Russie est toujours considérée comme un allié important, mais le niveau des investissements russes reste symbolique par rapport à celui de l'UE et de ses États membres.












