“Crimes de guerre, blocus juridique et barrières européennes” Amnesty International critique les échecs du Kosovo

Dans le rapport annuel sur les droits de l'homme au Kosovo pour 2024, “Amnesty International” a cité plusieurs questions clés qui continuent d'affecter la vie des citoyens du Kosovo. L'un des principaux sujets a été la condamnation d'anciens militaires et policiers serbes pour crimes de guerre commis en 1999, dans le cadre du [...]
Les nouvelles peines prononcées contre Dusko Arsic, Ekrem Bajrovic et Caslav Joliq, condamnés à des peines de prison de 8 à 13 ans, montrent que le processus de justice pour crimes de guerre se poursuit.
En outre, en juillet 2024, les Chambres spécialisées du Kosovo à La Haye ont condamné Peter Shala, ancien membre de l'Armée de libération du Kosovo, à 18 ans de prison pour crimes de guerre, tandis qu'en septembre, la peine de Salih Mustaf a été réduite de 22 à 15 ans de prison.
Un autre sujet de préoccupation est le blocage de la mise en œuvre de l'accord de cessation de la guerre sur 1 600 personnes.
“Amnesty International” souligne que le non-respect de l'accord de coopération avec la Serbie a entravé les efforts de justice et de réconciliation pour les victimes de la guerre.
Le rapport a également critiqué le fait que le gouvernement du Kosovo n'ait pas adopté plusieurs lois importantes sur les droits de l'homme et l'implication de groupes marginalisés.
Par exemple, l'Assemblée du Kosovo n'a pas adopté la loi sur la fertilisation associée et la santé génésique (IVF), qui permettrait aux couples ayant besoin d'un traitement médical dans les hôpitaux publics.
Selon le rapport, cet échec s'est accompagné de campagnes de désinformation et de discours haineux contre les femmes célibataires par certains députés qui ont rejeté cette loi.
De plus, “Amnesty International” a souligné l'incapacité du Kosovo à adopter une réforme du Code civil, y compris des lois pour les communautés civiles de personnes de même sexe.
Ce projet de loi, qui a été bloqué pour la deuxième fois, a suscité des débats animés, notamment sur l'article 1138, qui définit le mariage comme une communauté légale entre mari et femme et le mouvement d'acceptation des communautés civiles du même sexe.
En ce qui concerne les efforts déployés par le Kosovo pour faire progresser l'intégration européenne, le rapport souligne que le pays est confronté à un obstacle majeur au processus d'adhésion au Conseil de l'Europe.
Suite à l'adoption de la loi de la Cour constitutionnelle sur la propriété du monastère de Decani, condition essentielle de l'adhésion, le Kosovo a reçu deux feux verts. Mais l'obligation de créer l'Association des municipalités serbes, qui était une exigence de plusieurs Etats membres du Conseil de l'Europe, a empêché l'adhésion du Kosovo à l'organisation.
En mai 2024, le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe a retardé la décision sur l'adhésion du Kosovo, en raison de l'échec du projet d'association à la Cour constitutionnelle.
Le rapport cite également le Centre pour la réadaptation des victimes de la torture, qui a prorogé le délai pour présenter une demande d'indemnisation pour les victimes de violences sexuelles pendant la guerre”, soulignant qu'il y a encore beaucoup de personnes qui ne sont pas encore en mesure de demander une indemnisation financière pour ce statut.
En octobre 2024, 1 688 des 2 018 candidats avaient obtenu le statut de candidat, tandis que beaucoup attendaient encore de profiter du programme.
Sur le plan international, le rapport d'Amnesty International “rappelle les précédentes condamnations prononcées par d'anciens dirigeants de la Serbie et de la Yougoslavie pour crimes de guerre, dont Slobodan Milosevic, décédé pendant le procès, et Nikola Shainovic, condamné à 18 ans de prison pour crimes contre l'humanité.
D'autres peines pour crimes contre l'humanité ont été prononcées pour des personnes comme Dragolub Ojdanic et Nebojsa Pavkovic, qui ont été condamnées pour leur rôle dans les massacres de guerre au Kosovo.
Ce rapport arrive à un moment où le Kosovo est confronté à des défis majeurs pour mettre en œuvre ses engagements internationaux et garantir les droits de tous ses citoyens, y compris les groupes marginalisés et les victimes de la guerre /.Périscope/












