Dom: Les États-Unis ont besoin d'une nouvelle approche diplomatique dans les pourparlers entre le Kosovo et la Serbie

Tanja Domi, professeur d'affaires internationales et publiques à l'Université Columbia à New York, déclare que les États-Unis ont besoin d'une nouvelle approche diplomatique dans le dialogue sur la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie, qui pourrait inclure des sanctions pour les acteurs non constructifs, écrit Radio Free Europe. Dans l'interview donnée à Radio Europe et [...]
Tanja Domi, professeur d'affaires internationales et publiques à l'Université Columbia à New York, déclare que les États-Unis ont besoin d'une nouvelle approche diplomatique dans le dialogue sur la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie, qui pourrait inclure des sanctions pour les acteurs non constructifs, écrit Radio Free Europe.
Dans l'interview donnée à Radio Free Europe, l'expert des Balkans dit qu'il y a eu une déception face à la politique étrangère de l'administration de l'UE en ce qui concerne le Kosovo, malgré son soutien historique.
“Une nouvelle initiative diplomatique qui pourrait engager les parties d'une manière qui n'a pas été appliquée plus tôt” est plus que nécessaire, selon Dom.
Radio Free Europe: Le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a déclaré que le retrait du président américain Joe Biden de la course à la réélection marque la fin d'une ère, en particulier pour le Kosovo. Vous êtes d'accord ?
Tanya Domi: Joe Biden est la dernière personne au gouvernement fédéral, et en particulier la Maison Blanche, qui s'est engagée activement dans des questions concernant le Kosovo. Depuis 1999, elle soutient l'intervention de l'OTAN [pour mettre fin à la violence au Kosovo]. Elle a également fortement soutenu le fait qu'elle a été très active en Bosnie et, par conséquent, bien informée des questions sur le terrain à l'époque. Tous les autres ont quitté le gouvernement certains ont pris leur retraite, d'autres sont morts à l'exception du secrétaire d'État américain James O'Brien.
Radio Free Europe: Y a-t-il quelque chose qui aurait pu être mieux fait pendant la présidence de Biden, en ce qui concerne le Kosovo?
Tanya Domi : La politique étrangère de Benden a suscité une déception générale, et je suis d'accord. J'ai été cité dans de nombreux articles pour dire que les interactions des responsables américains avec le Kosovo, soit publiquement, soit en coulisses, ont été décevantes. Il y a aussi eu une attitude très agressive envers [le Premier ministre du Kosovo Albin] Kurt, qui a ouvertement critiqué les responsables américains. Et cela a conduit à des frictions.
O'Brien est en service depuis des mois et je n'ai pas vu de grande différence. C'est par pitié.
Radio Free Europe : Kamala Harris a apporté un soutien suffisant aux délégués du Parti démocratique pour devenir sa candidate à la présidence. Mais, dans sa carrière, la question du Kosovo n'est pas mentionnée. C'est important ?
Tanya Domi : Vous n'aurez pas de tels officiels américains. Si Kamala Harris est élue, elle devra en apprendre davantage sur le Kosovo. C'est ainsi que chaque personne agit lorsqu'elle n'a pas d'expérience en politique étrangère pour un pays donné. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles le Département d'État et le Conseil national de sécurité sont à la Maison Blanche.
Radio Free Europe : L'ancien président Donald Trump est également en hausse dans les sondages. Que signifierait un second mandat de Trump pour le Kosovo? Je tiens à rappeler ici que, durant son premier mandat, le Kosovo et la Serbie sont parvenus à un accord sur la normalisation des relations économiques, mais que ses fonctionnaires administratifs ont été critiqués au Kosovo pour avoir davantage d'animation de la part de la Serbie.
M. Tanya Domi : Oui, je pense qu'il y a eu une faveur ouverte pour les Serbes. Jared Kouchner [le marié Trump] a conclu un accord avec le gouvernement serbe pour un bien immobilier.
Richard Green, qui peut devenir secrétaire d'État si Trump est à nouveau élu président, est le visiteur fréquent de la Serbie.
Je comprends donc pourquoi [au Kosovo] ils peuvent se sentir un peu contrariés à ce sujet. C'est difficile. Trump, par exemple, a dit qu'il retirerait les États-Unis de l'OTAN. Ce serait un coup direct au Kosovo, qui a la présence de l'OTAN sur son territoire et qui, éventuellement, interdit [le président de la Serbie] Aleksandar Vuciq traverse la frontière.
Radio Europe libre : Le dialogue sur la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie est bloqué. Pensez-vous que les États-Unis devraient être plus engagés dans ce processus?
Tanya Domi: Je pense que les États-Unis ont un héritage dans les Balkans, en particulier au Kosovo et en Bosnie. L'administration actuelle n'est engagée dans aucune entreprise d'initiative diplomatique. Je pense que cela devrait être révisé.
Je recommande vivement un nouvel engagement diplomatique dans la région.
Radio Free Europe : Vous attendez-vous à cette nouvelle approche de la nouvelle administration ?
Tanya Domi : Je pense que c'est l'occasion de le faire, vraiment important.
Radio Free Europe: Quelle serait la sortie?
Tanya Domi : Une nouvelle initiative diplomatique qui pourrait engager les parties d'une manière qui n'a pas été appliquée plus tôt.
Je veux dire que la poursuite de l'approche de l'UE a été un échec dans ce dialogue.
Radio Free Europe: Et quelle serait cette nouvelle approche?
Tanya Domi: La politique de sanctions devrait, je pense, faire partie de la nouvelle initiative. Jusqu'ici, il n'y a eu que de l'eau courante, mais ils n'ont pas commencé. Et la possibilité d'examiner cela et de s'engager dans une autre approche devrait être une grande entreprise.












