Serwer: L'instabilité locale, le nettoyage ethnique grave menace au Kosovo, en Bosnie-et-Monténégro

Le professeur américain Johns Hopkins et le connaisseur de l'évolution politique dans les Balkans occidentaux, Daniel Serwer, ont parlé du processus de dialogue sur la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie, ainsi que de la situation sécuritaire dans la région. Dans une interview pour Signal Gazette, Serwer a dit que peu de progrès ont été réalisés dans la direction de [...]
Le professeur américain Johns Hopkins et le connaisseur de l'évolution politique dans les Balkans occidentaux, Daniel Serwer, ont parlé du processus de dialogue sur la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie, ainsi que de la situation sécuritaire dans la région.
Dans une interview pour le Signal Journal, Serwer a dit que peu de progrès ont été réalisés en ce qui concerne la normalisation des rapports, alors qu'il a indiqué que le principal obstacle à cette situation est la résistance de la Serbie.
Mais le professeur Serwer n'a pas laissé le Kosovo totalement innocent, ce qui, selon lui, n'a pas fait tout ce qui est en son pouvoir pour assurer un environnement confortable aux Serbes locaux.
Les critiques ont également été adressées à la communauté internationale, à l'Union européenne et aux États-Unis d'Amérique, qui, selon lui, ont été pauvres ces dernières années.
Quant aux tensions ethniques dans la région des Balkans occidentaux, Serwer n'a pas exprimé sa préoccupation face à une guerre majeure ou longue, mais, comme il le prétend, l'instabilité locale et le nettoyage ethnique constituent une grave menace pour le Kosovo, la Bosnie-et-Monténégro.
En fin de compte, il a dit que pour instaurer la paix et la stabilité dans la région, le Kosovo devrait apporter réconfort et loyauté aux citoyens serbes sur son territoire, comme la Serbie le fait avec les Albanais sur son territoire, et respecter également la souveraineté mutuelle et l'intégrité territoriale.
Signal journal: Quels progrès ont été réalisés ces dernières années en ce qui concerne la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie?
Très peu. Accepter les documents et les plaques d'immatriculation des véhicules. Le paiement des factures d'électricité. De bonnes choses qui auraient dû arriver il y a longtemps.
Signal : Quels sont les principaux obstacles au processus de normalisation entre le Kosovo et la Serbie ?
Daniel Serwer: Le principal obstacle est la résistance de la Serbie. Mais le Kosovo n'a pas non plus fait tout son possible pour assurer le confort et la loyauté de ses citoyens serbes, ce qui est un élément vital de la normalisation.
Signal journal: Comment évaluez-vous le rôle de l'Union européenne dans la facilitation du dialogue et de la réconciliation entre le Kosovo et la Serbie?
Daniel Serwer: L'Union n'a pas utilisé ses leviers avec la Serbie. Il a utilisé le levier avec le Kosovo, mais de façon inappropriée et sans résultats.
Signal journal: Comment voyez-vous le rôle des États-Unis dans la promotion de la stabilité et de la paix dans les Balkans occidentaux, notamment en ce qui concerne les relations entre le Kosovo et la Serbie?
Daniel Serwer : Washington est mauvais depuis des années. C'était une grave erreur de donner la priorité à l'Association des municipalités à majorité serbe, qui, à mon avis, ne pouvait qu'être reconnue.
Journal du signal : Quelles mesures faut-il prendre pour régler les questions restantes dans le dialogue entre le Kosovo et la Serbie, comme le statut des municipalités à majorité serbe au Kosovo ?
Daniel Serwer : Pristina doit prendre des mesures unilatérales pour assurer le confort et la loyauté de ses citoyens serbes, comme mentionné précédemment. Cela nécessitera des efforts beaucoup plus importants pour répondre à leurs besoins, pour permettre le flux des subventions légitimes de la Serbie et pour protéger leurs biens, en particulier dans le monastère de Decani.
Signal journal: Comment envisagez-vous l'implication d'autres acteurs régionaux, comme la Russie et la Turquie, dans le processus de dialogue entre le Kosovo et la Serbie?
Daniel Serwer : Ils ne jouent pas vraiment en direct, mais la Russie soutient le libéralisme de Vuciki à la maison et l'iridentisme avec ses voisins. La Turquie considère cependant qu'il s'agit d'un acteur relativement minoritaire, car une force commune aura une influence.
Signal journal: Quelles sont les implications potentielles du dialogue Kosovo-Serbie sur la stabilité plus large des Balkans occidentaux?
Daniel Serwer : Le dialogue développé ces dernières années n'a pas été un facteur de stabilité. Ses difficultés ont fait écho dans la région.
Signal journal: Comment les initiatives de coopération et d'intégration économiques peuvent-elles contribuer à normaliser les relations entre le Kosovo et la Serbie?
Daniel Serwer : Je crois que vous pouvez -- avoir une population et des entreprises qui avancent -- réduire l'hostilité et ouvrir de nouvelles possibilités. Mais le refus de la Serbie de reconnaître le Kosovo complique la tâche.
Signal journal: Comment évaluez-vous la situation sécuritaire dans les Balkans occidentaux, en particulier à la lumière des récents développements?
Daniel Serwer : C'est un phénomène qui vacille, principalement à cause des abus serbes.
Signal journal: Quels sont les principaux défis en matière de sécurité dans la région et comment y remédier?
Daniel Serwer: La Serbie et la Russie sont les principaux défis en matière de sécurité dans la région.
Journal du signal: Comment voyez-vous le rôle de l'OTAN et d'autres organisations internationales dans la sécurité et la stabilité dans les Balkans occidentaux?
Daniel Serwer: L'OTAN est garante au Kosovo, en Croatie, au Monténégro et en Macédoine, ainsi que le garant de réserve pour l'UE en Bosnie-Herzégovine. Cela le rend très important pour la région. L'UE joue un rôle de premier plan en Bosnie.
Signal journal: Quel impact les différends non résolus et les tensions ethniques pourraient-ils avoir sur la situation sécuritaire dans la région?
Daniel Serwer : Je ne m'inquiète pas pour une guerre longue ou grande, mais l'instabilité locale et le nettoyage ethnique constituent une grave menace au Kosovo, en Bosnie-et-Monténégro.
Signal journal: Comment évaluez-vous l'efficacité de la gestion des frontières et de la coopération en matière de sécurité entre les pays des Balkans occidentaux?
Daniel Serwer: Plus serait mieux. Les retards commerciaux aux frontières sont très longs, les migrations et le trafic très facile, et la frontière entre la Serbie et le Kosovo est très importante.
Signal journal: Quel rôle l'Union européenne peut-elle jouer pour promouvoir la réforme du secteur de la sécurité et le renforcement des institutions dans les Balkans occidentaux?
Daniel Serwer: Vous devrez demander à l'UE, mais mon point de vue est que l'UE fait beaucoup pour la gestion des frontières.
Journal signal: Comment voyez-vous le potentiel d'une coopération renforcée entre les pays des Balkans occidentaux et les États membres voisins de l'UE pour relever les défis communs en matière de sécurité?
Daniel Serwer: Je voudrais en voir plus, en particulier entre la Croatie et la Bosnie, ainsi que la Bulgarie et la Macédoine, mais les questions politiques rendent cela toujours difficile.
Signal journal: Quelles sont vos recommandations aux décideurs et aux groupes d'intérêt pour promouvoir la paix, la stabilité et la réconciliation dans les Balkans occidentaux, en particulier entre le Kosovo et la Serbie?
Daniel Serwer : Le Kosovo doit assurer le confort et la loyauté de sa population serbe, la Serbie doit assurer le confort et la loyauté de sa population albanaise, et les deux pays doivent respecter mutuellement la souveraineté et l'intégrité territoriale. Quand ils feront ces choses, la paix, la stabilité et la réconciliation seront beaucoup plus faciles qu'aujourd'hui.












