Journal suisse : Le Kosovo insiste sur l'égalité de traitement avec la Serbie, de nouvelles tensions sont à l'origine

Les négociations sur la normalisation ont été interrompues, le passage des frontières a été bloqué. Depuis le début de la semaine, le Kosovo ne reconnaît plus les plaques d'immatriculation serbes. En tant que médiateur, l'UE semble impuissante. Ainsi commence le reportage sur l'évolution récente dans le nord du Kosovo, le journal suisse Neue Zürcher Zeitung, diffusé Express. Membres de la minorité serbe au Kosovo, qui est orientée [...]
Depuis lundi, des membres de la minorité serbe du Kosovo, orientés vers Belgrade, bloquent les points de passage de Jarinje et Brnjak avec des camions. Le gouvernement de Pristina a envoyé des unités de police spéciales dans cette région, écrit le NZZ.
Le blocus est venu protester contre la décision du Kosovo d'empêcher l'entrée de véhicules munis de plaques d'immatriculation serbes au Kosovo. Les voitures immatriculées en Serbie doivent recevoir des plaques temporaires à la frontière pour circuler au Kosovo.
Cela correspond en grande partie à la pratique qui existe depuis des années pour les véhicules du Kosovo qui veulent entrer en Serbie. Les résidents du Kosovo d'origine serbe se rendent régulièrement en Serbie.
Derrière le récent différend se trouve la question non résolue de la reconnaissance de la citoyenneté du Kosovo par la Serbie. La Serbie considère l'indépendance du Kosovo comme illégale et n'accepte donc pas les emblèmes du Kosovo, par exemple sur les plaques d'auto, écrit le NZZ.
Pour assurer le calme du trafic frontalier, les deux États, sous la médiation de Bruxelles, ont trouvé une solution de compromis à un accord en 2016. Par la suite, l'entrée a été autorisée si les emblèmes nationaux figurant sur les plaques d'immatriculation étaient recouverts d'affiches blanches.
En outre, il était possible de recevoir des plaques neutres au Kosovo, avec lesquelles l'accès à la Serbie était possible. Une solution similaire existe en Moldavie, où il y a eu récemment des tensions sur les plaques provenant de la République de Transnistrie.
“Construire la réciprocité”
Toutefois, la Serbie n'a jamais mis en œuvre cet accord. Au Kosovo, par contre, l'écrasante majorité des propriétaires d'automobiles ont refusé des plaques neutres. Dans la pratique, cela signifiait que les véhicules serbes pouvaient entrer au Kosovo sans problème, mais la plupart des véhicules du Kosovo avaient besoin de plaques d'immatriculation temporaires à la frontière.
Le gouvernement du Kosovo justifie la décision de ne pas prolonger l'accord de 2016 avec le principe de réciprocité. Le Premier ministre Albin Kurti a déclaré mercredi qu'une fois que la Serbie reconnaîtra les plaques d'immatriculation du Kosovo, son pays suivra.
Le traitement inégal au Kosovo est très décevant. Il y a trois ans, le Premier ministre Ramush Haradinaj a imposé une pénalité de 100% pour les produits serbes. Il existe d'importants obstacles non tarifaires aux exportations du Kosovo vers la Serbie. Outre les plaques, tous les documents douaniers doivent également être ajustés.
J'espère que la démarche d'Haradinaj à l'époque a été la campagne de la Serbie pour convaincre les pays tiers du monde de retirer la reconnaissance de la citoyenneté du Kosovo.
Croissance de l'influence de l'UE
Le représentant de l'UE chargé des affaires étrangères, Josep Borrell, a appelé les deux parties à reporter la situation mercredi soir. Le commissaire chargé de l'élargissement, Oliver Warhely, a fait une déclaration similaire. Le conflit, qui a été exagéré par le Kosovo et la Serbie, montre avant tout la diminution de l'influence de l'UE dans les Balkans occidentaux, écrit le NZZ.
Le différend s'est intensifié plusieurs jours après que le médiateur spécial de l'UE Miroslav Lajcak se soit rendu à Pristina et à Belgrade pour discuter de nouvelles négociations.












