Les priorités de la Commission européenne

De Bernard Guetta le 3 mai, la Commission européenne a présenté son projet de budget pour 2021-2027. La proposition n'a pas encore été examinée par les 27 États membres et approuvée par le Parlement. Rien n'a encore été décidé, mais les réactions sont très importantes. Malgré la libération du Royaume-Uni, la Commission propose une augmentation des dépenses à 1,279 milliard [...]
Par Bernard Guetta
Le 3 mai, la Commission européenne a présenté son projet de budget pour 2021-2027. La proposition n'a pas encore été examinée par les 27 États membres et approuvée par le Parlement. Rien n'a encore été décidé, mais les réactions sont très importantes.
Malgré la libération du Royaume-Uni, la Commission propose une augmentation des dépenses à 1 279 milliards d'euros, contre 1,087 milliard d'euros pour la période en cours.
Cette augmentation s'explique par la volonté de Bruxelles de tirer profit de Brex, ce qui signifie la disparition immédiate de l'obstruction britannique, pour renforcer l'unité européenne pour investir dans la protection et la cohésion de la zone euro.
Plus d'ambition politique
À l'heure actuelle, les questions militaires demeurent la préservation des différents États et l'Union n'en coûte que très peu, mais la Commission souhaite distribuer plus de 27 milliards de dollars pour la création d'une défense commune. Dans la mesure où la zone euro a rejeté l'idée française d'obtenir son propre budget, la Commission propose d'allouer 55 milliards de dollars pour faire face aux crises économiques potentielles.
Le projet prévoit également de tripler le chiffre consacré au contrôle des frontières de l'Union et de doubler le budget du programme Erasmus. Cette augmentation des dépenses sera compensée par une réduction des montants consacrés à deux programmes qui représentent aujourd'hui 70% du budget européen: la politique agricole commune (avec une réduction de 5%) et la politique de cohésion pour les régions moins développées, ou les fonds structurels (-7%).
Aucune mention de l'annulation de ces deux programmes, mais les priorités passées ne sont plus des priorités actuelles. Des subventions nouvelles, politiques et moins importantes sont apparues. En ce sens, il est important que la Commission propose de réduire les fonds structurels alloués à un État membre lorsqu'il ne respecte pas l'État de droit.
Si ce projet semble complètement nouveau, les réactions sont les mêmes que toujours. La France a immédiatement déclaré qu'il serait nécessaire de franchir son corps avant de réduire les dépenses agricoles. Les pays de l'Est, généralement peu enclins à la solidarité entre les États membres, sont indignés par la réduction des fonds structurels, qui ont longtemps bénéficié. Les pays nordiques se demandent à leur tour comment il est possible d'augmenter les coûts après avoir quitté le groupe du Royaume-Uni.
Bientôt, Paris et Berlin adopteront une position commune, mais les négociations entre 27 seront très difficiles. / France Inter World.al












