Le Kosovo est un État indépendant

“Il ne devrait y avoir aucune crise en Bosnie-Herzégovine”, dit dans l'interview exclusive pour Deutsche Welklen, membre croate de la présidence de ce pays, Zelko Komssic. La présidence parle également de la reconnaissance du Kosovo. Deutsche Welle : Monsieur Komsic, sommes-nous sur le point de connaître une crise profonde en Bosnie-Herzégovine, comme le disent de nombreux analystes? Sup: Je ne pense pas, au moins [...]
Deutsche Welle : Monsieur Komsic, sommes-nous sur le point de connaître une crise profonde en Bosnie-Herzégovine, comme le disent de nombreux analystes?
Sup : Je ne pense pas, du moins je ne vois pas pourquoi il y a une crise, si quelqu'un n'a pas l'intention de causer cette crise. Mais vous devez pointer cette question à ceux qui aiment cette crise. Les résultats des élections sont ce qu'ils sont. Les élections ont été mises en œuvre conformément aux règles depuis 1996. L'autre question est de savoir si quelqu'un est satisfait ou non des résultats des élections. C'est la question politique de savoir si quelqu'un accepte ou non les résultats des élections.
Vous êtes engagé dans une option civique en Bosnie-Herzégovine. Mais trois entités, trois nations, sont représentées à la présidence. Comment voyez-vous cette position à la présidence?
Ma position est difficile. Cela n'a pas été facile dans les deux mandats précédents. Si vous vous présentez avec une option civique, il devrait y avoir un nombre suffisant d'électeurs qui votent cette option, mais cette mesure ne dégage personne de la responsabilité de prendre le premier pas dans cette direction. Je veux vivre comme vous en Allemagne, où tous sont égaux, indépendamment de leur origine. Le fait que la Bosnie-Herzégovine soit ce qu'elle est ne signifie pas qu'elle devrait rester ainsi.
Ce ne sera pas facile pour vous à la présidence, car ce sera également le membre élu serbe, Milorad Dodik, qui travaille à la destruction du pays. Comment imaginez-vous la coopération au sein de la présidence?
Notre Constitution ne se réfère pas aux représentants des nations à la présidence, mais aux membres de trois nations. La législation des représentants est donc dérivée non pas du peuple en tant que collectif, mais des citoyens, électeurs en B-H. Quant à la présidence B-H, j'ai été dans deux mandats avant d'être à la présidence, où Nebojsa Radnovoq était, du parti de Dodik. Nous avons eu une coopération solide. Comment sera la position de Milorad Dodik ? Mais il vaudrait mieux qu'il se comporte rationnellement, car tout blocus de la présidence pourrait se transformer en boomerang. Je ne sais pas comment Dodik va fonctionner, mais depuis maintenant je sais que s'il commence par les blocus, ce sera un gros problème pour lui et la Republika Serpska.
Dodik a dit qu'il ne permettra pas à la Bosnie-Herzégovine d'adhérer à l'OTAN. Comment allez-vous faire des compromis ?
Dodik n'a pas de superpuissances. La décision de l'OTAN a été approuvée et n'a jamais changé. Tout ce que Dodik peut faire, c'est chercher à modifier cette décision, mais pour cela il n'aura pas l'approbation de deux autres membres de la présidence. La décision en faveur des membres de l'OTAN existe donc.
Dans les deux mandats précédents, vous avez été très sévère dans vos attitudes envers la Serbie. Quel sera votre rapport sur ce mandat à l'égard de la Serbie?
Comme la Croatie. Ils seront donc respectés jusqu'à ce que ces pays respectent les normes des rapports de bon voisinage entre les pays qui valent la peine de tous, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et la Croatie. C'est une position normale de tous ceux appelés chef d'État.
Êtes-vous prêt pour de bons rapports avec Vuchchi ?
Je suis prêt pour une bonne coopération avec tous, tout comme le président de la Croatie et le président de la Serbie, et bien sûr le Monténégro. Mais je veux que l'on sache clairement où se trouvent les frontières de la Bosnie-Herzégovine et nous devons nous conduire sur cette base.
Lorsque nous sommes aux frontières ces derniers mois, des initiatives ont été prises dans la région pour les modifier et les corriger. Quelle est votre attitude ?
Je pense que la frontière de la Bosnie-Herzégovine ne doit pas être changée, qu'elle ne doit pas être affectée et qu'il ne devrait pas y avoir d'échange de territoires, car c'est ainsi que se créent des précédents dangereux. Les frontières B-H ont été définies et la Commission dite Badinter l'a confirmé. L'échange de territoires n'entre pas en considération parce qu'il s'agit d'un précédent dangereux.
Cette attitude vaut-elle également pour la Serbie et le Kosovo?
Je ne peux pas parler au nom de la Serbie et du Kosovo.
Je vous le demande, parce que beaucoup font des parallèles entre le changement éventuel des frontières avec B-H ?
Beaucoup peuvent relier ces choses à B-H, mais cela ne sera pas permis dans ce pays. Ça n'a rien à voir avec B-H. Ce que la Serbie et le Kosovo vont faire, c'est leur problème et il serait très inapproprié de s'impliquer dans ces emplois. J'ai mon opinion à ce sujet, mais c'est une opinion privée.
Quelle est cette opinion ?
Je vous dis : C'est une opinion privée. Je pense vraiment que les rapports entre la Serbie et le Kosovo devraient être résolus en tant que rapports entre les deux États voisins et amis. Comment cela sera-t-il réglé? Je n'ai aucun dilemme à penser que le Kosovo est un État indépendant. Mais tu devrais savoir que c'est mon opinion privée.
Quelle sera votre position dans ce mandat pour la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo?
Ma position est absolument claire. Je vous ai dit que le Kosovo était un État indépendant et qu'il serait sage qu'il connaisse la Bosnie-Herzégovine, mais avec Milorad Dodik à la présidence, je doute qu'une telle décision soit prise. Je ne cache donc pas mon attitude : le Kosovo est un État indépendant.
(Zhelko Komsic, du Front démocratique, a été élu membre de la présidence en tant que membre du peuple croate. Le Kosovo a été deux fois devant Dragan Covich, membre de la présidence B-H.)












