ONU : Le Kosovo a fait des efforts, mais pas assez contre la traite des êtres humains

Les États-Unis ont classé le Kosovo de niveau 2 dans le dernier rapport sur la traite des êtres humains. Cette catégorie comprend les pays où les gouvernements déploient des efforts considérables pour lutter contre la traite des êtres humains, mais qui ne respectent toujours pas pleinement les normes internationales minimales. D'autres pays des Balkans se classent dans la même catégorie [...]
Cette catégorie comprend les pays où les gouvernements déploient des efforts considérables pour lutter contre la traite des êtres humains, mais qui ne respectent toujours pas pleinement les normes internationales minimales.
D'autres pays des Balkans occidentaux se classent dans la même catégorie : Albanie, Serbie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine et Macédoine du Nord.
Le rapport, publié le 29 septembre par le Département d'État des États-Unis, indique que le Kosovo a intensifié ses efforts pour lutter contre la traite par rapport à l'année dernière, notamment en poursuivant un plus grand nombre de personnes soupçonnées de traite et en identifiant davantage de victimes.
Le financement de l'aide aux victimes a également augmenté, de même que le financement de leur indemnisation.
Toutefois, le gouvernement n'a pas respecté certaines normes minimales dans des domaines clés, de sorte que le Kosovo demeure au niveau 2 ainsi que dans les rapports précédents. Les principales lacunes sont la faible peine infligée aux trafiquants et la prononciation de peines au minimum prévu par la loi.
Le rapport souligne également que les cas d'enfants contraints par les parents de prier dans la rue sont souvent traités comme des négligences ou des mauvais traitements, et non comme des trafics, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'identité incorrecte de la victime.
Le gouvernement n'a pas la capacité de fournir de l'aide à long terme et a alloué moins de fonds aux campagnes de sensibilisation”, souligne le rapport.
Qui est le plus vulnérable à la traite?
La traite touche toutes les communautés du Kosovo, selon le rapport du Département d'État américain.
Les femmes et les filles sont recrutées avec de fausses promesses de mariage ou de travail en tant que chanteuses et danseuses, mais sont ensuite victimes de trafic sexuel dans des maisons privées, des boîtes de nuit ou des centres de massage.
Parmi les victimes figurent non seulement le Kosovo, mais aussi des femmes d'Albanie, de Moldova, du Monténégro, de Roumanie, de Serbie et d'autres pays européens.
Les Kosovars, eux aussi, sont souvent contraints à des emplois sexuels et autres en Europe.
En revanche, les enfants du Kosovo, de l'Albanie et des pays voisins sont souvent exploités pour mendicité forcée.
Les communautés roms, ashkali et égyptiennes sont particulièrement menacées, tout comme les LGBTQ+, les migrants, les demandeurs d'asile et les réfugiés.
Le rapport du Département d'État des États-Unis rappelle que la loi du Kosovo pénalise la traite à des fins sexuelles et prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison, mais souligne que son application a été erronée.
L'année dernière, les autorités ont poursuivi 17 nouvelles affaires concernant 49 trafiquants présumés, contre huit en 2023 concernant 10 trafiquants présumés.
Les autorités ont continué de poursuivre six autres cas de 14 trafiquants soupçonnés d ' avoir été commis au cours des années précédentes.
Cependant, les tribunaux condamnent seulement un des trafiquants sexuels, ce déclin considérable par rapport à 14 trafiquants condamnés en 2023, note le rapport.
Il a été condamné à huit mois de prison, avec une peine minimale de cinq ans de prison.
Les peines inférieures à ce minimum sapent les efforts visant à tenir les trafiquants responsables et ne reflètent pas la gravité du crime, dit le rapport.
Mais en plus des lacunes, le document souligne également les améliorations dans la protection des victimes.
Au cours de l'année écoulée, 14 victimes ont été identifiées, comparativement à 17 en 1923, et la plupart ont reçu une aide juridique, médicale et psychologique, des conseils, une éducation et un soutien à la réinsertion.
Selon le rapport, le gouvernement a augmenté le financement de ces services en aidant 150 000 euros pour le centre de sécurité des victimes menacées, contre 75 000 euros séparés en 2023.
En outre, le financement de l'indemnisation des victimes a augmenté à 200 000 euros l'an dernier, contre 150 000 euros en 2023.
Pour la prochaine période, le rapport souligne que le Kosovo doit renforcer considérablement ses efforts de lutte contre la traite.
Parmi les principales recommandations figurent les enquêtes et les poursuites contre les trafiquants et la prononciation de peines sévères.
Le rapport propose également une formation avancée à l ' intention des juges, des procureurs et de la police pour identifier la traite et l ' accès adéquat aux victimes.
Il est recommandé d ' accroître la capacité et le financement des centres sociaux et des foyers d ' accueil des organisations non gouvernementales, ainsi que de soutenir la formation professionnelle et l ' intégration des victimes.Périscope












