Crash Allemagne-Turquie, Berlin bloque la vente d'avions de chasse

L'Allemagne a décidé de bloquer la vente d'avions de chasse Eurofaster Typhoon en Turquie, dans une décision qui a suscité de nouvelles tensions diplomatiques entre les deux pays. Selon le prestigieux journal allemand Handelsblatt, le gouvernement en fuite des sociaux-démocrates et des verts a opposé son veto à la demande [...]
Imamoglu a été condamné le mois dernier à des accusations de corruption, que l'opposition turque a qualifiées de politiquement motivées. La décision d'Ankara de l'interdire a été interprétée par Berlin comme une attaque directe contre la démocratie turque”, qui, selon des sources gouvernementales, a légitimé une attitude sévère de la part de l'Allemagne en matière de coopération militaire. La vente d'Eurofly a été au centre des pourparlers qui ont eu lieu il y a des mois entre le chancelier allemand Olaf Scholz et le président Erdogan.
Dans le contexte politique allemand, la décision a également suscité des divisions internes. Le parti du futur chancelier Friedrich Merz, la CDU, a exprimé plus ouvertement à l'exportation d'Eurofly, notant l'importance de l'accord pour l'industrie européenne de la défense et les intérêts stratégiques des pays de coproduction tels que la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Espagne. Les hauts fonctionnaires de la CDU/CSU ont exigé que le gouvernement ne bloque pas l'accord pour des motifs politiques, mais tienne compte de l'intérêt européen plus large. D'autre part, les sociaux-démocrates et les verts ont pris une position ferme, exhortant Merz à utiliser les pourparlers avec Ankara pour faire pression sur Erdogan pour libérer Imamoglu.
Cette décision porte un grave coup à la Turquie, qui s'efforce de moderniser d'urgence ses forces aériennes. Suite à l'exemption du programme américain de F-35 en raison de l'achat du système de défense russe S-400, Ankara a essayé de compenser l'écart en négociant l'achat d'Euroflyers. Les plans turcs incluent l'achat de 20 avions de première génération de Grande-Bretagne au cours de l'année à venir et de 20 avions plus modernes de la Tranche 4. Toutefois, en raison du fait qu'Eurofaster est un projet commun où l'Allemagne a le droit de veto, chaque exportation doit être approuvée.
En plus de ces efforts, la Turquie a intensifié le développement de son avion national, Kaan, mais les analystes militaires estiment qu'ils sont encore à quelques années des capacités d'un avion de niveau Eurofly. Le blocage des exportations peut forcer Ankara à voir d'autres options, y compris la technologie sud-coréenne ou une éventuelle coopération avec la Chine.
Cette évolution pourrait compliquer encore les relations fragiles entre Ankara et l'Union européenne, ainsi que renforcer les tensions au sein de l'OTAN, où la Turquie reste un allié clé du côté sud-est de l'alliance. Dans le même temps, le blocus de l'Allemagne risque de confronter les intérêts politiques avec les intérêts stratégiques des partenaires européens dans le projet Euroflyer, ouvrant un nouveau débat sur l'autonomie industrielle de la défense européenne et la prise de décisions communes sur les questions de sécurité.Périscope












