Escobar envoie un message tacite d'Ohrid : Nous ne sommes pas concentrés sur la signature, nous sommes sur la finalisation.

L'envoyé des États-Unis pour les Balkans occidentaux, Gabriel Escobar, se tient à Ohrid d'où il a parlé samedi. Escobar participera aux réunions d'Ohrid entre le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, et le président de la Serbie, Aleksandar Vuciq, dans la qualité des observateurs. Contact médiateur Kurti-Wucciq est le chef de la politique [...]
L'envoyé des États-Unis pour les Balkans occidentaux, Gabriel Escobar, se tient à Ohrid d'où il a parlé samedi.
Escobar participera aux réunions d'Ohrid entre le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, et le président de la Serbie, Aleksandar Vuciq, dans la qualité des observateurs.
Le médiateur de la réunion de Kurti-Wucciq est Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l'Union européenne, et Miroslav Lajcak, envoyé spécial de l'UE pour le dialogue entre le Kosovo et la Serbie.
Radio Free Europe: M. Escobar, alors que nous parlons, les dirigeants du Kosovo et de la Serbie tiennent une réunion dans le cadre du dialogue ici à Ohrid. Ces derniers jours, nous vous avons entendu parler de vos attentes pour cette réunion. Mais quelles sont vos attentes réalistes pour aujourd'hui?
Gabriel Escobar: Nos plus grandes attentes aujourd'hui sont de finaliser l'annexe de mise en œuvre de l'accord de normalisation [négociation]. Cet accord de normalisation crée des relations pacifiques, amicales et prévisibles entre la Serbie et le Kosovo. Mais aussi, elle ouvre les portes aux deux pays pour aller plus vite vers les structures euro-atlantiques. C'est donc vraiment historique de notre point de vue. Il s'agit en effet d'une occasion de mettre loin derrière les événements des années, non seulement pour la Serbie et le Kosovo, mais aussi pour l'ensemble de la région.
Radio Free Europe : Avez-vous rencontré les deux leaders aujourd'hui ?
Gabriel Escobar: Pas aujourd'hui, mais je les ai rencontrés cette semaine. J'ai récemment rencontré [le Premier ministre du Kosovo, M. Albin] Kurti et j'espère rencontrer le président serbe, M. Aleksandar Vuciq, plus tard dans la journée.
Radio Free Europe: M. Escobar, il y a eu beaucoup de pression sur l'accord à atteindre en mars. Pourquoi ce calendrier est-il si important?
Gabriel Escobar: Il y a plusieurs raisons. Premièrement, nous devons admettre que nous opérons sous l'ombre de l'un des plus grands dangers pour la sécurité du continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale.
Par conséquent, pour que l'Europe soit prête à relever les défis de sécurité, elle doit résoudre tous les défis de sécurité qui existent sur le continent européen. Et ceci est parmi les derniers.
Nous devons consolider non seulement la paix, mais aussi le projet d'expansion de l'Union européenne pour l'ensemble du continent européen. Ça ouvre la porte à ce truc. C'est donc aujourd'hui la meilleure occasion que nous ayons de réaliser, grâce à la normalisation des relations entre certains pays qui n'ont pas encore fait suffisamment de progrès sur la voie de l'intégration euro-atlantique.
Radio Free Europe: Avant cette réunion, nous avons vu le scepticisme des deux côtés, en particulier du côté serbe. Leur attitude s'est-elle adoucie de nos jours ?
Gabriel Escobar: Une chose que je dois dire à propos de la Serbie, c'est que le président Vuciq a lancé une véritable conversation nationale sur ce à quoi ressemblerait une relation entre le Kosovo et la Serbie à l'avenir. Et, je dois dire, les deux parties prennent cette responsabilité au sérieux.
J'espère donc que nous parviendrons aujourd'hui à une annexe définitive pour un accord de normalisation.
Radio Free Europe: Vous attendez-vous à ce qu'il y ait une signature du document aujourd'hui, en particulier de Serbie?
Gabriel Escobar : Ecoute, nous ne nous concentrons pas sur la signature, mais nous nous concentrons sur la finalisation. Cela signifie que les deux pays doivent se préparer à de véritables discussions et à une véritable réconciliation dans leurs relations. C'est donc plus important : la finalisation de l'annexe.
Radio Free Europe: Parlons de la proposition. Elle a été décrite comme très utile pour les deux pays, en particulier le Kosovo. Mais cela n'implique pas une reconnaissance mutuelle. Pensez-vous que cette proposition peut et va conduire à la reconnaissance mutuelle?
Gabriel Escobar: Bien sûr, il ouvre une porte à cela et vous voyez, mon attitude, comme je l'ai toujours déclaré, au Kosovo et en Serbie, est que tous les pays de la région doivent se connaître et avoir des relations pacifiques. Cette région est une région de promesses extraordinaires.
Mais en dehors de la région, les gens croient que les Balkans occidentaux sont une zone de conflit et de tension ethnique. En réalité, cela mettrait fin à l'un des derniers différends qui subsistent dans la région et permettrait à toute la région de prendre sa place en Europe dans le cadre de la croissance la plus rapide de l'Europe.












