Quel est le contenu de l'accord avec l'Église serbe, et combien risque Abazovic?

Le gouvernement monténégrin est confronté à la possibilité d'élections anticipées suite à la décision du Premier ministre albanais Dritan Abazovic de signer un accord de base avec l'Église orthodoxe serbe il y a deux jours. L'accord a longtemps été rejeté par le plus grand parti du gouvernement, le Parti démocratique des socialistes (DPS) dirigé par le président [...]
L'accord a longtemps été rejeté par le plus grand parti du gouvernement, le Parti démocratique des socialistes (DPS) dirigé par le président monténégrin Milo ãokanovovic, qui a renoncé au soutien contre Abazovic immédiatement après la signature de l'accord, appelant à la tenue d'une motion de censure contre lui.
Le président ovic accuse Abazovic d'avoir voté cet accord sans offrir au préalable la possibilité d'un dialogue public.
Pendant ce temps, le Premier ministre Abazovic a défendu sa décision, affirmant que la signature de l'accord était une étape clé pour résoudre les tensions dans le pays”, ajoutant que si aucune solution n'était trouvée, il accepterait de passer à des élections anticipées.
Quel est l'accord fondamental d'Abazovic avec l'Église serbe?
Le Monténégro a signé plusieurs accords fondamentaux plus tôt, avec de petites communautés religieuses à la fois avec l'Église catholique en 2011 et avec les communautés musulmane et hébraïque en 2012.
L'accord avec l'Église orthodoxe serbe a été signé dimanche, avec le soutien de 13 ministres de la coalition Dritan Abazovic APUE Zeza sur White, le parti socialiste pro-serbe, ainsi que des partis albanais.
5 Ministres des partis Le DPS, le Parti Bosniaque et l'Initiative civique croate ont voté contre, et 3 se sont abstenus.
Le DPS accuse depuis longtemps l'Église serbe de promouvoir le nationalisme serbe au Monténégro en sapant la souveraineté de l'État monténégrin.
Que prévoit cet accord?
L'accord entre Abazovic et l'Église orthodoxe serbe contient plusieurs points, qui auraient trait aux relations entre le gouvernement monténégrin et l'Église serbe.
Dans un premier temps, l'accord définit les obligations de l'État monténégrin envers les institutions de l'Église orthodoxe serbe :
- Elle oblige le gouvernement monténégrin à reconnaître l'immunité diplomatique ou les droits extraterritoriaux des institutions de l'Église orthodoxe serbe dans le pays, qui les exclut de la juridiction ou des lois locales;
- Le gouvernement est tenu d'enregistrer toutes les églises orthodoxes du pays sous la juridiction de l'Église orthodoxe serbe et de lancer le processus de paiement de tous les bâtiments confisqués par le régime communiste après la Seconde Guerre mondiale;
- L'accord stipule que l'Église serbe n'a pas besoin d'obtenir l'autorisation du gouvernement monténégrin pour déplacer des objets du patrimoine culturel enregistrés sous sa propriété;
- Elle confère également à l ' Église orthodoxe un statut juridique qui, dans certains domaines, devrait être le même que celui des institutions gouvernementales;
- Récemment, il envisage la possibilité d'étendre les enseignements religieux dans les écoles publiques et leur contrôle et leur approbation uniquement par l'Église serbe.
Le principal problème que pose l'attribution d'une telle quantité de pouvoir à une seule église serbe est que la communauté orthodoxe du Monténégro n'appartient pas seulement à la direction serbe.
En effet, selon la disposition de 2011, 72 % de la population monténégrine sont identifiés comme chrétiens orthodoxes, dont environ 70 % sont identifiés comme membres de l'Église orthodoxe serbe, ce qui signifie que le reste des 30 % restants sont identifiés comme étant son rival, l'Église orthodoxe monténégrine.
Les musulmans représentent ensuite 20 % de la population, et les catholiques ou autres religions, le pourcentage restant.
L'avenir de Dritan Abazovic ?
Le Monténégro peut maintenant organiser des élections anticipées, après l'appel du plus grand parti du gouvernement (DPS) pour une motion de censure contre le Premier ministre Abazovic.
Selon une déclaration faite à Euronews Albanie par le ministre monténégrin des Droits de l'Homme et des Minorités Fatmir Gjeka, cet accord “n'était qu'une question de procédure, comme cela s'est produit avec d'autres communautés religieuses”.
“Je vois cela comme un problème politique, cette étape rapide pour lever le soutien du gouvernement, a été accélérée” Il a dit, ajoutant que les jours suivants, le Cabinet fera avancer l'évolution de la situation, qu'il s'agisse de procéder à des élections anticipées ou de trouver une autre solution.
Entre-temps, divers analystes pensent qu'Abazovic est resté un dernier recours.
Selon le directeur Groupe de réflexion CEM, Zlatko Vujovic, malgré le DPS appelle à une motion de censure contre Abazovic, a l'occasion pour lui de s'en sortir. Et cela, grâce aux partis d'opposition.
On s'attend à ce que trois blocs soutiennent le cabinet d'Abazovic. Le salut pour ce gouvernement peut venir de l'Église orthodoxe serbe elle-même, qui peut influencer le Front démocratique, et le “La paix est notre nation pour venir au secours d'Abazovic,” Vujovic a dit au journal monténégrin Pobjeda.
Reste à voir si Abazovic finira par s'effondrer, ou si le sujet que les partis d'opposition vont lui venir, il pourrait revenir à sa seule occasion de continuer à statuer.












